Algérie(s)

La guerre civile algérienne qui opposa le gouvernement et différentes branches islamiques a fait prés de 100 000 victimes en dix ans.
Trente ans après son indépendance coloniale au dépend de la France l’Algérie s’est retrouvée en cette fin des années 80 en grande difficulté.
Comme un symbole, le soulèvement provient de la jeunesse, dans les grandes villes du pays comme Alger, Oran, Tizi Ouzou. Des infrastructures de l’Etat sont brûler et détruites : se sont les évènements du 5 octobre 1988.
Aux yeux de cette jeunesse, l’Etat n’est plus en phase avec la réalité. Le taux de chômage égale les 20%, le taux d’analphabétisme est proche des 6%, «les décideurs» sont représentés comme des dirigeants corrompus. Et pour ne rien arranger, les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 (chute du prix de pétrole) ont affaibli un peu plus l’économie algérienne. En effet, ce secteur représente 60% du budget général, 30% du P.IB et 97% des exportations totales.
Néanmoins, ces évènements, vont permettre l’accélération du processus de réforme en Algérie.
Le président Chedli Bendjedid confirme l’importance de changer la vieille politique (Socialiste) dans son ensemble. Pour cela, il nomme comme premier ministre Mouloud Hamrouche. Le gouvernement Hamrouche a comme but de libéraliser l’économie et le système politique.
Les réformes économiques doivent réduire la dépendance des revenus pétrolier, mais aussi d’améliorer le secteur agricole afin de diminuer l’importation des produits comme les céréales, les pommes de terre et les fruits.
Sur le plan politique, la tolérance du multipartisme permit le retour, entre autres, de l’un des principaux fondateurs du FLN Hocine Ait Ahmed. Il rentre après trente ans d’exil et fonde le F.F.S (front des forces socialistes). D’autres partis sont crées, comme le parti des travaillistes, mené par Louisa Hanoune ou encore le R.C.D (Rassemblement pour la culture et la démocratie) dirigé par le psychiatre kabyle Said Saadi. Les médias occidentaux commencent à parler d’une Perestroïka à l’algérienne, de nombreux journaux sont crées, les bureaux de censure du FLN ferment un peu partout en Algérie.
En a peine un mois, l’Algérie voit naître 60 partis. Parmi eux, il y’a le F.I.S (le Front Islamique du Salut).
Le 6 septembre 1989 Abassi Madani dépose ses statuts au ministre de l’intérieur, le F.I.S est officiellement né.
L’idée d’un état islamique commence à faire son chemin, et il rencontre beaucoup de sympathie au sein de la jeunesse Algérienne.
Les grandes prières du vendredi permettent à Abassi Madani (le fondateur du mouvement), et à Ali Benhadj (le cofondateur du mouvement) ainsi qu’à d’autres militants du FIS, d’exposer leurs théories fanatiques et rêve déjà d’un futur état islamique dans lequel la charia (la lois islamique) serai la constitution. Historiquement la charia représentait le code civil de la première société musulmane au début du VIIème siècle après JC. Ce mouvement aura un écho important auprès d’autres peuples du Maghreb.
En ce début du XXIème siècle, ce phénomène refait surface en Egypte. Le fondateur des frères musulmans Hassan el-Benna (le grand père de l’Islamologue Tarik Ramadan) crée ce mouvement afin de lutter contre les colons Européens. Dans le même temps, le mouvement ce radicalise et crée d’autres branches comme le Hamas à Gaza, ou encore le Hezbollah au Liban.Ils poussent un peu partout les citoyens du monde arabe à se soulever contre les dictateurs qui les gouvernent.

En ce début de juin 1990, après un an de dialogue entre les représentants de l’Etat et les nouveaux partis, l’Algérie organise pour la première fois depuis son indépendance des élections : ce sont les élections municipales.
L’opinion publique ainsi que certaines branches politiques (le Front des Forces Socialistes) restent très critique envers le pouvoir. Ils décrivent cette élection comme une mascarade servant à faire taire le mouvement populaire, l’appel à l’abstention est demandé.
Deux semaines plus tard le verdict tombe, le Front Islamique du Salut sort le grand vainqueur.
Avec un taux de participation égalant les 25%, la société algérienne est frappée tout d’abord par le respect du processus électoral mais aussi par les résultats.
Sans trop tarder, le mouvement islamique prend un peu plus d’ampleur sur la vie politique algérienne. Les sympathisants déclarent : « qu’ils n’ont pas voté pour la démocratie mais pour l’Islam » d’autres rajoutent « le résultat ne reflète pas la réalité, la réalité islamique et universelle, l’Islam n’a pas de frontière».
La majorité des Algériens n’étant pas préparés a cette vision d’un l’Islam politique restent attentistes. Ceci se ressent 18 mois plus tard lors des élections législatives, encore une fois le FIS remporte un franc succès : un tiers des militants islamiques sont éluent au premier tour et d’autres restent très bien placés au second tour. Le FIS est assuré d’avoir la majorité au parlement. Cette situation fragiliserait les futures réformes économiques et sociales promises par le gouvernement Hamrouche. Dans l’ombre du Président Chedli et de son premier ministre, il y’a les militaires, qui se déclarant « héros de l’Algérie » lors de son indépendance. Cette minorité de militaires corrompus n’a jamais quitter le pouvoir. Ils représentent à eux seuls, le système judiciaire du pays. En effet la DRS (département de renseignement et de la sécurité « la police politique») et sous l’ordre du générale Nazzar : le ministre de la défense.

La Casbah quartier historique d’Alger


Deux ans auparavant le générale Nazzar avait refusé de légaliser le FIS, pour lui le mouvement islamique représentait une voie extrémiste pour le pays, mais le premier ministre Hamrouche légitime le mouvement par un choix démocratique. Le 12 janvier 1992 tout s’accélère, le processus électoral est suspendu, le président Chedli est poussé à la démission, les militaires occupent les grandes places d’Alger. En Algérie, ils appellent ça : le coup d’état des Janviéristes. Les officiers qui n’ont jamais admis l’idée de laisser le FIS se fondre dans la démocratie vont progressivement étouffer le mouvement en procédant à des vagues d’arrestations de leurs leaders. La crise algérienne rentre dans une nouvelle dimension. Craignant cette possibilité auparavant, les leaders islamistes ont tout prévu, s’ils n’arrivaient pas au pouvoir par la voie de la démocratie, une lutte armée serait déclarée au pouvoir. C’est le début de la guerre civile en ce début d’année 1992.
Pour finir sur cette période, lors de ma prochaine synthèse je développerai en détail le conflit armé opposant les militaires et les branches islamiques.

Publicités
Publié dans Divers. Leave a Comment »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :